La bibliothèque Victor Loret

« […] La meilleure manière de témoigner à Victor Loret notre reconnaissance c’est de continuer à utiliser cet instrument suivant les méthodes dont il nous a donné l’exemple, c’est-à-dire de maintenir à Lyon l’enseignement et la recherche égyptologique […] »

 (Extrait du discours prononcé par Charles Dugas aux funérailles de Victor Loret, le 6 février 1946)

C’est avant sa mort survenue en 1946, que Victor Loret lègue sa bibliothèque à l’Université de Lyon. Celle-ci est d’abord conservée dans les bâtiments de la faculté de lettres avant d’intégrer en partie les locaux de l’Institut d’égyptologie, dans le bâtiment de l’actuelle Maison de l’Orient et de la Méditerranée-Jean Pouilloux.

D’après l’inventaire des ouvrages acquis années après années (depuis 1872 jusqu’à 1945), sa bibliothèque était constituée de plus de 4 000 ouvrages. Elle reflète les goûts éclectiques de Victor Loret pour l’égyptologie, la botanique, la zoologie, la musique, la littérature, la religion… L’étude de près de 300 notices tirées de l’inventaire, démontre que 42% d’entre elles renvoient à des ouvrages d’égyptologie : travaux de Maspero, de Mariette, des frères Champollion, d’Eugène Lefébure, de Jean Capart, etc. La majorité de ces ouvrages (relevant du domaine de l’égyptologie) a été intégrée il y a une dizaine d’années, dans le catalogue et les fonds de la bibliothèque de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée.

La musique représente un autre domaine très représenté dans le fonds Victor Loret: 22% des notices sont des partitions et des ouvrages de musicologie.

Ces derniers ont été versés au département d’histoire de l’art-musicologie de l’actuelle bibliothèque Chevreul de l’université Lyon 2, où ils sont aujourd’hui consultables (même si certains d’entre eux se trouvent dans les réserves de la bibliothèque). Ce sont les œuvres de Chaminade, Debussy, Charpentier…

Les ouvrages de littérature (12% des notices environ), sont très certainement dispersés dans les différentes bibliothèques universitaires lyonnaises. Les auteurs sont gréco-romains (Homère, Tacite, Strabon…), arabes (Murtadhā ibn al-Khafīf) ou modernes (Zola, Rousseau, Dickens, sir Walter Scott…).

Viennent ensuite les ouvrages de sciences (médecine, physique, chimie), et de sciences naturelles (botanique, zoologie…) : Pline, Prosper Alpin, Marie Phisalix, etc.

Une petite partie de la bibliothèque Victor Loret (toujours d’après l’étude des notices de l’inventaire) est consacrée à la religion chrétienne et égyptienne.
Le fonds des voyageurs ne semble pas occuper une place très importante quantitativement parlant. Une cinquantaine d’œuvres identifiées sont des récits de voyage (Proche-Orient, Moyen-Orient, Extrême-Orient, Afrique), catégorie à laquelle s’ajoute celle des guides touristiques (guides Baedeker, guides Joanne…).

 Une dizaine de langues sont représentées. Le français prédomine (à 70%), suivi de l’allemand (14%), de l’anglais (8%), mais aussi de l’arabe, de l’italien, de l’espagnol, du latin et du grec ancien.

La majorité des livres mentionnés dans les cahiers d’inventaire de Loret, date du XXe siècle (62% d’après l’étude de près de 400 notices pour lesquelles une date d’édition était donnée), ainsi que du XIXe siècle (32%). Plusieurs ouvrages sont issus du XVIe, XVIIe et XVIIIe siècle.

Tous les livres ayant appartenu à Victor Loret sont facilement identifiables puisqu’ils portent une mention manuscrite ou imprimée (sous la forme d’une étiquette aux motifs égyptiens) indiquant sur les premières pages « Victor Loret » (ou « V. Loret » voire « VL » pour les mentions manuscrites) suivie d’un numéro allant de 1 à 4 230 (renvoyant au numéro d’inventaire correspondant).

L’Institut d’égyptologie s’est constitué autour de la bibliothèque héritée de Victor Loret, et l’a enrichie de nombreux autres ouvrages. Un travail de classification et d’identification de ce fonds spécialisé a été commencé depuis 2005 sous la direction de Laure Pantalacci, titulaire de la chaire d’égyptologie, et se poursuit actuellement. Plusieurs centaines d’ouvrages constituant le reste de la bibliothèque sont actuellement, grâce au travail fourni par les bibliothécaires de la Maison de l’Orient et des stagiaires de l’ENSSIB, en cours d’intégration dans le catalogue de la Maison de l’Orient et sa bibliothèque.

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